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13 octobre 2020

Nikho, dessinateur et coloriste sur la BD Horseback 1861 de Ankama et Label 619

photo de Nikho, illustrateur et coloriste de Horseback

Faire une bande dessinée c’est un accomplissement,
un rêve que j’ai depuis 13 ans.

Nikho   |   Dessinateur et Coloriste sur la BD Horseback 1861

Notre alumni Nicolas Martin, alias Nikho, de la promotion 2018 à l’ECV Bordeaux, vient d’accomplir son rêve. Il a travaillé avec le studio Ankama et Label 619 pour l’édition de leur premier western : Horseback 1861 sur lequel il était dessinateur et coloriste. Horseback 1861 est une bande dessinée qui raconte l’histoire de Redford, un ancien chasseur de primes, dans une réappropriation de l’histoire du Far West.

Horseback couverture

Avec son univers coloré et puissant, Nikho signe une magnifique illustration saluée sur le site les comics :

les personnages s’animent et l’énergie de son trait est véritablement euphorisante. Nikho s’amuse du code des westerns, son découpage est nerveux et la violence du récit est parfaitement retranscrite. C’est rempli d’effluves de sang, de gueules cassées, de paysages désertiques dans un graphisme qui lui est propre. Un véritable plaisir pour les yeux.

Nous sommes allés prendre des nouvelles de Nikho afin d’en savoir plus sur son travail avec Ankama et Label 619. Une occasion pour nous de découvrir ses inspirations et se remémorer les années ECV.

 

Bonjour Nikho, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Nikho j’ai 25 ans et j’ai terminé l’ECV Bordeaux en 2018. Depuis je suis illustrateur, je travaille pour de l’animation, du jeux vidéo et le 11 septembre dernier, ma première BD est sortie.

Peux-tu nous expliquer le projet Horseback 1861 ?

Horseback 1861, c’est une BD sur laquelle j’opère en tant que dessinateur / coloriste. C’est le premier western d’Ankama et du Label 619 (Mutafukaz, Carbon & Silicium) c’est un projet qui était sur les étagères du Label 619 depuis un moment.

Run (le directeur artistique) et Hasteda (le Scenarist) cherchaient un dessinateur pour le mettre en image et coup de chance pour moi, c’est le moment où ils sont passés par hasard sur mon compte Instagram. Résultat deux mois plus tard : je dessinais mes premiers chevaux galopant sur les terres de l’Ouest.

Pour l’histoire, Horseback 1861 raconte les aventures de la Randall Delivery, une équipe de convoyeurs de l’ouest qui se retrouve mêlée à une sordide affaire de génocide Indien.
Horseback, ça a aussi la particularité d’être une uchronie, c’est à dire que l’histoire des USA dans Horseback n’est pas exactement la même que celle qui s’est vraiment passée (et évidemment, ça va mal tourner).

Qu’est-ce que tu as préféré dans ce projet ?

Réaliser un projet de A à Z 🙂 Commencer de la page 1 pour arriver à la page 150 et être libre d’explorer mon style graphique comme je l’entendais, c’est un luxe fou ! Je peux regarder les images et me dire que c’est moi, et ça c’est dingue. Tenir ce livre entre mes doigts c’est un rêve ! Je me sens un peu comme une maman qui découvre son bébé après neuf mois de création.

Comment as-tu trouvé ton inspiration ?

D’ordinaire je suis plus centré sur des univers de SF ou de super héros, des histoires remplies de monstres et de créatures étranges, mises en couleur sous des teintes acides et saturés. Donc ce n’était pas gagné de faire un western, car c’était à l’opposé de ce que je faisais d’ordinaire.

J’ai commencé par voir des références qui me correspondaient, j’ai cherché du côté des comics américain dessinés par Sean Murphy ou Lee Bermejo. Mon but était de faire un découpage très dynamique des planches. Mais là où j’ai vraiment tenté de m’approprier le western, c’est au niveau des couleurs. Evidemment, je ne pouvais pas faire des ciels vert fluo et des personnages violets, comme je l’aurais fais pour de la SF, mais il y avait bien un juste milieu à trouver haha !

Je me suis inspiré d’un peintre de folie qui s’appelle : ED Mell, qui fait des décors incroyables. Ensuite, je me suis beaucoup inspiré des concepts de Duelyst et du coloriste Matt Hollingsworth.
Mon but avec le dessin d’Horseback c’était vraiment de faire un western qui me ressemble, un western nerveux et acidulé !

colorisation de la tête d'un personnage - 2 parties : 1 noir et blanc 2 couleurs

Tu as été diplômé en 2018, quels souvenirs gardes-tu de l’ECV ?

Un très bon ! Au delà des potes et de l’ambiance, ce que j’en retiens, c’est que j’ai pu toucher à beaucoup de choses techniquement. Je m’en suis rendu compte pendant la création de Horseback 1861 : j’ai gardé la méthode de travail que j’avais quand je travaillais sur des courts-métrages d’animation, au lieu de penser « bd » je pensais cours de « concept art », « character design » « matte painting » et « S FX ».

Ankama est un grand nom, tu ressens quoi avec ce partenariat ?

Ça donne le sourire, 🙂 Je jouais à Dofus quand j’étais petit, j’ai dévoré Mutafukaz et j’ai adoré regarder Wakfu.. Donc y prendre part (d’autant que l’on crée une histoire à nous avec Hasteda) c’est une grande joie ! Mais c’est aussi pas mal de pression, tu vois ce qui à été fait avant par des artistes dont tu adores le travail, je pense à des gens comme Mathieu Bablet ou Neyef, et tu te dis : « Allez mon Nikho , tu peux le faire, une page après l’autre ! ».

Une petite phrase pour la fin ?

Faire une BD c’était un rêve de gosse. En entrant à l’ECV, je m’étais dis que je ferais une BD, et voilà que c’est fait. La preuve que clairement, on peut atteindre les rêves qui nous ont donné envie de nous embarquer dans cette vie et donc à chaque étudiant qui lira ces dernières lignes :

Ayez toujours en tête ce qui vous a motivé à entrer dans l’animation parce que tout est possible !

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